Le président, l'instituteur et le curé

Publié le 21 Novembre 2013

Il m'a été donné récemment de relire le passage, qui a fait tant polémique à l'époque, du "discours de Latran" de l'ancien Président de la République. C'était en 2007 et voici le passage en question :

"Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance."

Avec le recul et la mise à distance de l’irritation, mais une irritation qui tenait plus en réalité - je m'en aperçois maintenant - à la personnalité de l'auteur de ces propos qu'à leur contenu lui-même, je suis bien obligé de reconnaitre aujourd'hui que je suis en accord avec l'essentiel de cette déclaration. Même si je ne suis pas sûr que je formulerais de cette façon (la "radicalité du sacrifice", le "charisme") les raisons de cette "supériorité" de l'homme de foi sur le maître d'école en matière de Bien et de Mal.

Ce qui me choque beaucoup, par contre, dans cette déclaration, c'est cette autre proposition qu'elle renferme, mais mezzo voce, selon laquelle l'instituteur devrait "s'en approcher". Le métier d'instituteur n'a rien à voir avec l'enseignement de la différence entre le Bien et le Mal. Mais plutôt le différence entre le Vrai et le Faux ou le Juste et l'Injuste, car il ne s'agit pas, non plus, de prôner une stricte abstention normative. Et c'est en ce sens que l'idée d'une "morale laïque" est une contradiction dans les termes.

A chacun son métier, en somme.

Rédigé par roger monjo

Publié dans #actualités

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