A propos du mariage pour tous

Publié le 2 Avril 2013

Si le projet est de défendre la famille comme institution fondée sur le principe de la procréation naturelle (un père, une mère, un ou des enfant(s)), il faut alors interdire le mariage à tout couple, homosexuel ou pas, qui y prétend mais qui n'est pas (ou plus) en état de procréer.

Si le projet est de défendre le mariage comme institution concurrente de l'union libre, du PaCS, du concubinage, etc., il faut, par contre, promouvoir le "mariage pour tous" comme un moyen de freiner, voire d'inverser, son déclin actuel face aux modes d'union alternatifs.

Mais, on peut aussi défendre le "mariage pour tous" pour une raison strictement libérale, politique, c'est-à-dire neutre au plan axiologique : la conquête d'une nouvelle liberté. Nouvelle et double en même temps : aujourd'hui, les couples homosexuels n'ont pas la liberté de se marier, mais ils n'ont pas, non plus, la liberté de ne pas se marier. Une possibilité de choisir leur sera ainsi offerte, qu'ils n'ont pas aujourd'hui. Une nouvelle liberté qui, en outre, ne nuira en aucune façon à la liberté d'autrui.

Rédigé par roger monjo

Publié dans #actualités

Repost 0
Commenter cet article

HerveLE 03/07/2013 17:55

"il faut alors interdire le mariage à tout couple, [...] qui n'est pas (ou plus) en état de procréer."

=> de procréer OU d'adopter.

"si le projet est.." etc. =>
Le mariage, est avant tout un cadre juridique qu'une couple consent à se donner pour élever et sécuriser les enfants

roger monjo 06/07/2013 07:14

Dans la première hypothèse envisagée, c'est la famille comme réalité "naturelle" qui est envisagée (fondée exclusivement sur la procréation). Avec l'adoption, on sort de ce registre naturel. On est déjà dans la convention. C'est à cette famille "naturelle" que se réfèrent les adversaires du "mariage pour tous" lorsqu'ils voient dans la légalisation du mariage entre personnes de même sexe une subversion de cet ordre naturel. Ils devraient donc aussi, logiquement, condamner la pratique de l'adoption.
Par contre, si le projet c'est de défendre le mariage comme institution (comme convention humaine), par exemple comme cadre juridique mis en place dans l'intérêt de l'enfant, ils devraient, tout aussi "logiquement", accepter le mariage pour tous (comme variante de ce cadre juridique) voire le promouvoir (comme un moyen de relancer une institution en déclin).
Dans les deux cas, c'est la référence à un système de valeurs particulières qui est mobilisé. Mais on peut aussi défendre le principe du mariage pour tous de façon plus "neutre", sans prendre partie sur cette question axiologique, en mettant en avant la conquête d'une liberté nouvelle, que chacun pourra utiliser à son gré.